
Avoir sa propre sonorisation peut sembler pratique pour un musicien. Plus besoin de chercher du matériel avant chaque concert. Plus besoin non plus de dépendre entièrement d’un prestataire. Mais acheter tout son équipement représente aussi une dépense importante. Il faut ensuite le transporter, l’entretenir et parfois le remplacer. Pour un artiste qui joue régulièrement, la question mérite donc d’être posée. Est-il vraiment intéressant de posséder son matériel ou vaut-il mieux continuer à louer selon les besoins ?
L’achat de matériel comme levier d’autonomie artistique
Posséder sa propre sonorisation apporte d’abord une certaine liberté. L’artiste connaît son matériel. Il sait comment le régler. Il sait également ce qu’il peut lui demander. Cela évite de découvrir une nouvelle installation à chaque représentation.
Cette habitude peut être rassurante. Un musicien retrouve ses micros, ses enceintes et sa table de mixage. Il peut préparer son installation en fonction de son répertoire et conserver une manière de travailler assez régulière.
Cette autonomie artistique devient intéressante lorsque les concerts s’enchaînent. L’artiste dépend moins de la disponibilité d’un technicien ou du matériel déjà présent dans la salle. Il peut aussi mieux organiser sa production musicale.
Pour les groupes ou les entrepreneurs de spectacle, chacun sait également ce qu’il apporte. Le fonctionnement devient plus simple. Mais cette liberté a évidemment un prix.
Le coût réel d’une sonorisation sur plusieurs années
Acheter du matériel demande une somme importante au départ. Il faut penser aux enceintes, aux micros, à la console, aux câbles et à tous les petits accessoires que l’on oublie facilement. Additionnés les uns aux autres, ils peuvent rapidement représenter plusieurs milliers d’euros.
Il ne faut pourtant pas regarder uniquement la première facture. Une bonne sonorisation peut être utilisée pendant plusieurs années si l’entretien est correctement effectué.
Pour un artiste qui travaille souvent, les locations évitées peuvent progressivement compenser l’achat. Le calcul n’est donc pas le même pour quelqu’un qui joue cinq fois dans l’année et pour quelqu’un qui monte sur scène plusieurs dizaines de fois.
- Investissement initial significatif ;
- rentabilisation progressive après plusieurs années de prestations ;
- moins de dépendance aux tarifs des loueurs et prestataires extérieurs.
| Année | Dépenses cumulées sans achat (location régulière) | Dépenses avec achat initial et entretien |
|---|---|---|
| 1 | 3 000 € | 5 500 € |
| 3 | 9 000 € | 6 500 € |
| 5 | 15 000 € | 7 800 € |
Ces chiffres montrent surtout une chose. L’achat devient intéressant lorsque le matériel sert souvent. Pour une utilisation occasionnelle, la situation est différente.
Les contraintes de transport souvent sous-estimées
Acheter une sonorisation est une chose. La transporter en est une autre. Une sonorisation complète peut rapidement prendre beaucoup de place. Les enceintes sont parfois lourdes. Les pieds, câbles et protections s’ajoutent encore au chargement.
Il faut donc disposer d’un véhicule suffisamment grand. Il faut aussi prévoir du temps pour charger puis décharger. Lorsque les concerts sont proches les uns des autres, cette organisation peut devenir fatigante.
L’accès au lieu joue également un rôle. Toutes les salles ne permettent pas de stationner devant l’entrée. Certaines demandent des autorisations administratives particulières ou possèdent des horaires précis pour les livraisons.
Le matériel est aussi manipulé souvent. Il monte dans le véhicule. Il en redescend. Il passe dans des escaliers, des couloirs ou des portes étroites. Les chocs et l’usure arrivent donc plus vite que lorsque l’équipement reste installé au même endroit.
Une qualité sonore plus régulière d’un lieu à l’autre
Utiliser toujours le même équipement audio permet de retrouver certains repères. L’artiste connaît ses réglages de départ. Il sait comment son matériel réagit et peut généralement intervenir plus vite lorsqu’un problème apparaît.
Évidemment, aucune salle ne sonne exactement comme une autre. Une petite pièce, une salle municipale ou un espace extérieur demandent des réglages différents. Mais travailler avec du matériel connu évite déjà quelques surprises.
Cette régularité peut aussi rassurer les organisateurs. Ils savent que l’artiste vient avec un ensemble qu’il utilise régulièrement. Cela donne une image plus structurée de son travail.
La qualité sonore ne dépend toutefois pas uniquement du prix du matériel. Un équipement moyen bien réglé peut être plus agréable qu’un système coûteux mal utilisé. La connaissance du matériel reste donc essentielle.
Le choix du matériel selon le type de prestations
Tout le monde n’a pas besoin de la même installation. Un chanteur seul dans une petite salle n’utilise pas le même équipement qu’un groupe jouant en extérieur. Il faut donc commencer par regarder les prestations réellement effectuées.
Pour un mariage, une commémoration ou un événement officiel, l’installation doit également respecter les codes propres à chaque cérémonie. Une sonorisation trop imposante ou trop visible peut parfois gêner. À l’inverse, un matériel insuffisant risque de ne pas couvrir correctement le public.
Avant d’acheter, il est donc utile de faire une liste simple. Combien de personnes utilisent le matériel ? Quelle taille font les salles ? Le spectacle se déroule-t-il souvent dehors ? Faut-il installer rapidement ? Autant de questions qui permettent d’éviter d’acheter trop gros ou trop petit.
- Petites formations : systèmes portables et légers ;
- groupes amplifiés : racks et consoles semi-professionnels ;
- événements en extérieur : systèmes modulaires plus puissants.
Des aides ou subventions peuvent parfois accompagner certains projets. Elles ne changent pas le besoin réel de l’artiste, mais elles peuvent faciliter le financement d’un équipement adapté.
Installer seul son matériel demande aussi du temps
Posséder sa sonorisation ne signifie pas seulement la transporter. Il faut aussi l’installer. Arriver sur place, sortir le matériel, placer les enceintes, dérouler les câbles puis faire les essais. Tout cela prend du temps.
Pour un artiste seul, cette partie peut devenir importante. Il doit parfois préparer la scène tout en pensant à sa prestation. Si l’installation est trop compliquée, l’autonomie gagnée avec l’achat peut alors devenir une nouvelle contrainte.
Un système simple et bien connu peut au contraire être installé assez rapidement. C’est pourquoi le choix du matériel doit aussi tenir compte de la facilité de montage. Plus gros ne veut pas toujours dire mieux.
Il faut également prévoir le rangement après la représentation. Lorsque le public est parti, le travail n’est pas forcément terminé. Tout doit être démonté, rangé et replacé dans le véhicule.
L’entretien et le renouvellement des équipements audio
Une sonorisation utilisée régulièrement doit être entretenue. Les câbles sont pliés et dépliés. Les prises sont manipulées. Les enceintes voyagent. Avec le temps, certaines pièces finissent forcément par montrer des signes d’usure.
Quelques vérifications simples évitent une partie des problèmes. Il faut contrôler les connectiques, protéger les appareils de l’humidité et remplacer les éléments abîmés avant qu’ils provoquent une panne pendant une prestation.
Le renouvellement partiel fait également partie du coût réel. Tout le matériel ne doit pas être changé en même temps. Un micro peut être remplacé une année. Une enceinte ou une console quelques années plus tard.
Prévoir progressivement ce budget est souvent plus facile que d’attendre une panne importante. Cela permet également de profiter de certaines évolutions techniques lorsqu’elles apportent réellement quelque chose au travail de l’artiste.
Faut-il prévoir une solution lorsque le matériel tombe en panne ?
Même avec un bon entretien, une panne reste possible. Un câble peut lâcher. Une enceinte peut s’arrêter. Une alimentation peut poser problème juste avant le début du spectacle.
Lorsqu’un artiste possède son propre matériel, il doit donc penser à une solution de secours. Pas forcément une deuxième sonorisation complète. Quelques éléments simples peuvent déjà éviter beaucoup de difficultés.
Des câbles supplémentaires, un micro de remplacement ou certaines pièces courantes peuvent rester dans le véhicule. Pour les éléments plus importants, il est utile de savoir rapidement vers qui se tourner.
Cette préparation fait aussi partie de l’autonomie. Être autonome ne signifie pas seulement posséder du matériel. Cela veut aussi dire savoir quoi faire lorsque quelque chose ne fonctionne plus comme prévu.
La location comme alternative pour les besoins occasionnels
Tout artiste n’a pas intérêt à acheter immédiatement une installation complète. Pour quelques prestations dans l’année, la location peut rester beaucoup plus simple.
Le matériel est choisi selon l’événement. Il n’occupe pas de place le reste du temps. Il n’y a pas non plus d’entretien permanent à gérer. Cette solution permet également de tester différents systèmes avant de décider éventuellement d’acheter.
La location peut donc convenir aux artistes émergents, mais aussi à ceux dont les prestations changent souvent. Un petit concert n’a pas les mêmes besoins qu’un événement important. Louer permet justement d’adapter le matériel.
Dans d’autres métiers du spectacle, la question du transport et de l’autonomie se pose également. Il est possible d’en savoir plus sur les solutions de représentation dans le secteur de l’événementiel d’un artiste magicien. Pour découvrir une autre manière d’aborder ce type de prestation selon le lieu, on peut également consulter cette page.
Au final, achat et location ne s’opposent pas forcément. Un artiste peut posséder le matériel dont il se sert presque toujours et louer le reste lorsque la prestation demande quelque chose de particulier.
Questions fréquentes sur l’investissement dans la sonorisation
Quelle différence de coût y a-t-il entre acheter et louer du matériel audio ?
Pour quelques prestations dans l’année, la location demande généralement moins d’argent au départ. Lorsque le nombre de concerts augmente, l’achat peut devenir plus intéressant sur plusieurs années.
| Période | Location | Achat + entretien |
|---|---|---|
| 1 an (10 prestations) | 1 400 € | 3 500 € |
| 3 ans (50 prestations) | 7 000 € | 4 500 € |
- Location préférable pour moins de 10 usages/an ;
- achat envisagé dès 20-30 dates/an.
Peut-on obtenir une aide ou une subvention pour financer sa sonorisation ?
Certains dispositifs peuvent aider au financement de matériel audio. Ils peuvent dépendre du lieu, du type de projet ou de la situation de l’artiste.
- Aides de la SACEM ou ADAMI selon le type de projet ;
- subventions des conseils régionaux pour certains achats collectifs ;
- appels à projets destinés à de jeunes artistes émergents.
Quels sont les principaux critères pour bien choisir une sonorisation ?
Le choix dépend surtout du type de musique, de la taille habituelle des lieux et de la manière dont l’artiste travaille. Le matériel doit être suffisamment puissant sans devenir inutilement compliqué à transporter.
- La puissance nécessaire selon le public ;
- la robustesse et la facilité de transport ;
- la compatibilité avec le matériel déjà utilisé ;
- le budget disponible, immédiatement ou grâce à un financement.
Comment éviter les problèmes lors du transport de la sonorisation ?
Le matériel doit être correctement protégé et rangé. Des flight-cases peuvent limiter les chocs pendant les déplacements. Il faut également vérifier à l’avance les possibilités d’accès au lieu et les éventuelles autorisations administratives.
- Ranger le matériel toujours de la même manière ;
- prévoir des protections contre les chocs ;
- vérifier l’accès du véhicule avant l’arrivée sur place.